Littérature

Un livre à lire : Une femme blessée

Aujourd’hui j’aimerais revenir avec vous sur l’une de mes lectures de ces derniers mois. Il s’agit du premier roman de Marina Carrère d’Encausse. Un livre poignant et révoltant.

« Fatimah vit au Kurdistan irakien avec son mari, ses enfants et sa belle famille. Un jour, elle est emmenée à l’hôpital de Souleymanieh, très grièvement brûlée – soi-disant victime d’un accident domestique. Tandis que Fatimah lutte pour vivre malgré ses blessures, la vie dans son village s’organise sans elle. A tel point qu’il semble qu’elle n’ait jamais existé. Seule sa fille aînée continue à évoquer son souvenir. Que va devenir Fatimah? Que s’est-il passé le jour de l' »accident » ? Quels mystères planent sur cette femme? »

 

UNE ECRITURE SIMPLE

L’écriture est simple, claire et fluide. Les chapitres sont tous bien structurés et bien pensés. Le bouquin se lit très rapidement, un jour ou deux. On ne peut s’arrêter de tourner les pages, pousser par l’envie de percer tous ses mystères et ses secrets de famille.

 

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UNE HISTOIRE VRAIE

Impossible de rester insensible à cette histoire. A moins d’avoir un cœur de pierre comme on dit! On a là un récit réaliste qui nous montre la dur situation de la femme et des conditions de vie en Irak. A la fin du livre, on trouve une page informative sur ce qui se passe dans le monde actuel:

 

Selon l’ONU, au moins 5000 femmes sont tués chaque année au nom de l’honneur : il s’agit d’une coutume qui légitime l’assassinat, par un membre de la famille, d’une fille ou d’une jeune femme suspectée d’avoir enfreint le code de l’honneur familial. En résumé, toute attitude qui remet en cause la virginité de la fille (relation sexuelle consentie, viol, inceste, rumeurs), le fait d’avoir été vue avec un garçon, une tenue vestimentaire jugée indécente, rentrer chez soi tard le soir, parler au téléphone avec un ami peuvent éveiller les soupçons des proches et les conduire au crime d’honneur. Un père, frère, cousin ou personne désignée par la famille se charge de venger l’honneur de la famille. Souvent, l’homme en question est mineur pour éviter de trop grosses peines. La jeune femme est empoisonnées ou bien égorgées, fusillées, étranglées, poignardées, arrosées d’essence puis brûlées. Le criminel est accueilli en héros par la famille, Il se rend généralement de lui même à la police qui encourage ce geste. Les filles sont souvent innocentes (80% sont vierge à l’autopsie). La peine va de 6 mois à 2 ans de prison mais souvent, l’homme est relâché au bout de quelques mois. Parfois il n’y a même aucune peine! Cette pratique provient du Moyen Orient et des régions d’Amérique latine, de tous milieux socioculturels et de confession différentes.

 

UN ROMAN PLEIN D’ÉMOTIONS

Au fil du roman, on passe d’émotions en émotions. De la compassion à tristesse sans oublier la colère, surtout dans les derniers chapitres. On s’attache facilement à Fatimah, si courageuse.

Ce qui est beau et qui touche davantage selon moi, c’est l’amour présent malgré ce sujet si dur. Que ce soit entre un homme et une femme, ou entre une mère et sa fille.

En bref, je ne peux que le recommander, à tous.

 

Et vous, l’avez vous lu? Ai-je réussis à vous convaincre ?

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